La fourrure en France au fil du temps : de la Préhistoire à nos jours (2ème partie)

Avant la colonisation des Amériques, la Russie était le plus gros producteur de fourrure. Elle exportait majoritairement vers l'Europe de l'Ouest et l'Asie. Les fourrures les plus exploitées étaient la martre, le castor, le loup, le renard, l'écureuil et le lièvre.

Du XVIIème au XVIIIème siècle


Gravure de mode vers la fin du fin XVII° siècle

Gravure de mode vers la fin du fin XVII° siècle

Au XVIIème c'est désormais l'Amérique du Nord qui devient le principal fournisseur de fourrures. Ce commerce est très lucratif, car les besoins et la demande sont de plus en plus importants, notamment en ce qui concerne la fourrure de castor qui permet la création du feutre pour les chapeaux.

Les Bourgeois représentés par les marchands et les commerçants, n'hésitent pas, pour les plus fortunés d'entre eux, à débourser beaucoup, pour prouver leur réussite. Ils souhaitent rivaliser avec la noblesse sur le terrain de la mode et des bonnes manières et représentent un marché de plus en plus important.


Dans un premier temps, le commerce florissant de la fourrure est tenu en Amérique du Nord par les français. En 1645 la Compagnie de la Nouvelle-France est créée par Richelieu. Les territoires couverts par les trappeurs et les "coureurs des bois" sont de plus en plus importants.  L'Europe est très friande de ces peaux de castors, d'ours, et de loups et de renards. Mais la contrebande sévit. Les Anglais, qui souhaitent aussi profiter de ce commerce en plein essor, tenteront de se passer du monopole français et ils finiront par s'installer et créeront la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1670 qui supplantera le commerce français.


Costume anglais du XVIII° siècle inspiré par des croquis d'époque et réalisé pour le film "The Duchess"

Costume anglais du XVIII° siècle inspiré par des croquis d'époque et réalisé pour le film "The Duchess"

Du XIX ème siècle à nos jours

Le commerce des fourrures continue sont essor. Jusque-là la fourrure agrémente un manteau. Elle est utilisée en doublure, col, poignets, parement. Le manteau sera éclipsé par la redingote au début du XIXème siècle pour revenir, dès le milieu du siècle, sous différentes formes avec notamment des pèlerines amovibles.

C'est en 1893 qu'apparaissent les premiers manteaux en fourrure tels que nous les connaissons, mais ce n'est que le début.



Jacques Doucet d'après un dessin de 1902

Jacques Doucet d'après un dessin de 1902



Jusqu'à la première guerre, la fourrure est très grandement utilisée pour les manteaux de soirées. On porte beaucoup de renard, du vison ainsi que de la zibeline. Les manteaux sont très largement bordés de fourrure au col, en bas du manteau et aux poignets. Les stylistes des grandes maisons de couture de Paris utilisent la fourrure dans leurs défilés. Le style est donné !



Shannon Rogers d'après un modèle des années 30 

Shannon Rogers d'après un modèle des années 30


Dés années 20 aux années 50 (avec une période de ralentissement durant la deuxième guerre mondiale) les stylistes introduisent de nouveaux modèles et travaillent désormais la fourrure en lui donnant un rôle majeur, celui d'une pièce faisant partie d'une tenue. Grand manteaux de vison, renard, étoles, paletots, les idées sont nombreuses.



DIOR, Hiver 1950

DIOR, Hiver 1950


Dans les années 1950/60, la fourrure est à son apogée. Elle est portée par toutes les actrices connues en Europe et aux Etats-Unis. Toutes les femmes rêvent de se lover dans une fourrure, tant l'image, incroyablement féminine et glamour qu'elle véhicule, est marquée. En Europe, des boutiques se spécialisent même dans la création de manteaux de fourrure comme Fendi. Ainsi, de 1950 à 1980, la fourrure est une matière utilisée, étudiée et qui commence vraiment à faire l'objet de recherches et d'innovations.



Raquel-Welsh-never-looked-so-good



Entre 1970 et 1980 la mode évolue à cette époque dans une grande envie de changements, mais aussi de bouleversements des codes, et la fourrure en fait partie. De grandes maisons s'inscrivent dans ce changement. La fourrure est colorée, ajoutée à d'autres matières, elle suit le rythme effréné des stylistes à l'imagination débordante.



Campagne Blackglama en 1975 avec Raquel Welch

Campagne Blackglama en 1975 avec Raquel Welch



Dans le courant des années 80 et 90 la tendance se renverse. La fourrure commence à être bannie. Elle est rejetée car l'énorme marché qu'elle représente étant très tentant. Mais malheureusement, cela entraîne la création d'entreprises qui produisent et vendent sans aucune éthique et qui produisent des peaux à partir d'animaux maltraités. Le renversement de tendance est sans appel. Le commerce de la fourrure s'effondre en Europe et tout particulièrement en France.

Il faudra attendre une quinzaine d'année pour revoir la fourrure sur les podiums. Désormais de nouvelles règles définissent la profession et garantissent la qualité de la fourrure, sa provenance et surtout la réglementation dans l’élevage et le traitement des animaux à fourrure est devenue très sévère. Des labels reconnus au niveau international vont encadrer la profession (Comme le Label "O.A" (Orign assured)).

La fourrure connait de profonds changements. La création de nouveaux procédés grâce aux travaux de recherche entrepris dans différents bureaux de design (Chez Saga Furs, Kopenhagen Fur par exemple) voient le jour et permettent aux créateurs de laisser libre cours à leur imagination et ceci pour notre plus grand plaisir !.



fashion-week-automne-hiver-2015-2016-fw-automne



Ainsi, les innovations techniques et les réglementations dans le domaine de la fourrure ont permis à cette dernière d'évoluer et de prospérer. Le génie créatif des stylistes d'aujourd'hui assure une évolution qui n'est pas prête de s’arrêter comme en atteste les chiffres de production de ces dernières années au niveau mondial. L'année 2014 en est le parfait exemple : il s'agit d'une année record en terme de volume des ventes pour beaucoup de professionnels du monde de la fourrure.